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Le présent site a été développé en 2006 par Clarence et Jean-Luc Michel (Communiquance). Il vise à mieux faire connaître l'Auberge de la Besse, ses spécialités et son charme. Il ne contient pas d'option de réservation automatisée. La plupart des photos sont de Jean-Luc Michel - Merci de contacter l'Auberge au téléphone/fax : 04 75 38 80 64 - Renseignements, suggestions sur le site : contacter JLM.
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Auberge de la Besse - 07510 USCLADES ET RIEUTORD - Gérard Méjean

(Dessin de Michel Carlat)
L'Histoire de la Besse
Elle a été établie par notre ami l'historien Michel CARLAT, disparu en mars 2006 et auteur de nombreux ouvrages sur l'habitat rural et les coutumes ardéchoises.
Les origines
On sait, d’après les archives de la Besse qu’une construction
existait bien avant 1400, et que des liens semblent tissés avec l’abbaye
cistercienne de Mazan toute proche et “mère”
des trois grandes abbayes de Provence (Le Thoronet, Silvacane et Sénanque
). Dès 1321 il est précisé qu’en deçà
de la Loire et en deçà du monastère, la haute et basse
justice seigneuriale appartient à l’abbaye.
En 1635, selon un curieux usage, l’eau du ruisseau de Prat-Sauvage
où un certain Louis Teyssier-La Besse y avait construit
un moulin à scie, c'est-à-dire une scierie fut “invêtue”
par l’abbé, donc donnée à bail “à
nouveau cours et emphytéose perpétuelle” à son
fils Jean Teyssier-La Besse avec “les bois et les forêts de
Bauzon appelés du Constat et du Chambon des cendres (…) moyennant
le cours annuel perpétuel de 40 sols tournois”.
C’est à un autre Jean Teyssier que l’on
doit la salle voûtée à la cheminée monumentale
dont la clé porte la date de 1690. Mais ce n’est que cent ans
plus tard, entre 1771 et 1790 qu’à la suite d’un incendie
(à vérifier !) le dernier des Teyssier donnera à la
Besse son aspect actuel.
La dynastie Teyssier
Cette dynastie des Teyssier, gentilshommes campagnards qui avaient de la paille dan leurs sabots ou dans leurs bottes, même si elle ne fut jamais noble, sut, par ses alliances avec les familles vellaves des Pouzols et des Barbon de la Blache conforter sa position sociale/ Les quelques 500 hectares de terre et surtout de forêt qu’elle acquiert au fil du temps en témoignent. Ici, la vraie noblesse, c’est la multitude terres que l’on possède ; cette terre que l’on travaille à l’araire et qui ne fait pas déroger.
L'architecture
Mais revenons à la maison. En 1753, si l’habitation du maître
- le queyrat - est couvert en lauses, on pose encore des mottes de gazon
au faîtage de la grange couverte en genêt, ce qui confirme une
“estime” de juillet 1761, précisant que cette grange,
contrairement à sa position actuelle se trouve “cotté
du couchant”, c'est-à-dire à l’ouest - par rapport
“au dit carré”.
Y eut-il donc un incendie vers 1770 ? Les archives sont muettes mais des
débris calcinés trouvés lors de différents travaux
d’aménagement de ses propriétaires actuels, Gérard
et Eliane Méjean, pourraient le laisser croire. une chose est certaine,
les reconstructions se suivent dans l’ordre : 1770, 1775, 1780…
et sont l’œuvre, avant la Révolution, du dernier des Teyssier
propriétaire.
La date de 1775 figure également sur la clef de l’arcas - prononcer
- “arcasse” de la maison proche à l’ouest du queyrat,
à l’emplacement présumé de l’ancienne grange
couverte de genêt. On reconstruit d’abord le queyrat en 1774,
ce qu’indique l’analyse dendrochronologique du bois (sapin)
de la charpente effectuée par Christian Dormoy (Archéolabs).
Et l’on devrait vraisemblablement compléter par un 4 ou un
5 le chiffre effacé à la date 177… de la clef de l’arc
surmontant la porte permettant d’y accéder. De ce fait, les
deux œils de bœuf superposés au premier et deuxième
étages, éclairant la cage d’escalier de la belle façade
XVIIIème siècle n’ont rien d’anachronique, ce
qu’explique encore le réemploi d’un linteau du XVème
siècle avec arc en accolade renversée au dessus du parement
inférieur de l’œil de bœuf du second.
Et la reconstruction se poursuit. même s’il y a eu un incendie,
il y a peu de chances que la salle voûtée de la cuisine jouxtant
le queyrat, à l’est, ait eu à en souffrir. Au contraire,
la voûte a servi d’assise au niveau du porche de la grange.
Et si la date initiale de 1690 a été supplantée par
celle, encadrée, de 1787, c’est que cette dernière concerne
la construction de la charpente actuelle en carène de vaisseau renversé,
d’une superbe unité. Sans aucun doute, le projet en remonte
à 1781, date figurant sur l’arceau du portail de la fenière
à l’ouest, amorce de la charpente de la grange s’appuyant
au nord sur le mur du queyrat.
L'histoire s'écrit sur la pierre
Ici, toutes les dates rencontrées ont leur importance et s’enchaînent
logiquement. 1790 en marque le terme : date gravée sur le failloir
de l’ancienne étable devenue partie de la cuisine du restaurant
actuel ; clef du porche permettant l’accès à la cour
pavée intérieure - disposition originale, rarement rencontrée
en Montagne - définissant l’importance de la “position
sociale” du domaine. Il fallait quand même un bel aplomb à
ce Jean Teyssier - La Besse pour laisser à la propriété,
un an après la Révolution, ses initiales encadrant une superbe
fleur de lys de France…
Là encore, l’Histoire s’écrit sur la pierre. Ce
personnage incarnant une belle réussite figure le 24 juin 1790 au
nombre des administrateurs du district d’Aubenas. Il le sera jusqu’au
1er juillet, date à laquelle l’assemblée administrative
est dissoute, à la suite de quoi, sagement, il se fit oublier avant
de mourir en 1800, et laisser sa place à une nouvelle “dynastie”,
celle des Méjean dont descendent les propriétaires
actuels, héritiers fidèles d’une longue histoire.
Michel CARLAT - 2003
Notice sur l'historique de la Besse avec ce texte et des photos (au format pdf) - La même que celle qui à votre disposition dans le restaurant.
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